Différencier maladie d’ Alzheimer et démence

Le 7 septembre 2009, par Louis LEVY,

Le 19e Congrès de gérontologie et gériatrie a réuni à Paris les experts mondiaux de cette spécialité récente. Les avancées dans la maladie d’Alzheimer, la prise en charge adaptée des maladies cardiovasculaires ont fait l’objet de nombreuses présentations.
De nouvelles approches ont aussi été abordées comme le syndrome de fragilité, la bientraitance ou la gérontechnologie.

03/09/2009 | Gériatrie

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Les nouveaux critères diagnostiques de la maladie d’Alzheimer permettent une détection plus spécifique de la maladie, mais aussi plus précoce, bien avant le stade de démence.

La mémorisation d’un mot passe par trois phases distinctes que sont l’enregistrement de l’information, le stockage et la récupération de cette information. Un trouble de la mémoire peut être la conséquence de l’altération de l’une ou l’autre de ces phases.

Ainsi, l’enregistrement d’une information peut être perturbée en cas de troubles attentionnels. « Cela peut être le cas lors d’une dépression, mais aussi en cas de stress, de troubles du sommeil ou de prise de certains médicaments comme les benzodiazépines », explique le Pr Bruno Dubois, chef du service de neurologie de la Pitié-Salpêtrière.

Une fois saisie, l’information est ensuite envoyée vers l’hippocampe pour y être stockée. Si l’hippocampe est altéré, le gravage de l’information dans le disque dur de la mémoire ne peut avoir lieu. « La maladie d’Alzhei- mer (MA) est la source la plus importante d’affections de l’hippocampe chez les sujets âgés, rappelle le Pr Dubois. La personne est alors capable de récupérer des souvenirs anciens qui ont été gravés avant la maladie, mais elle est dans l’impossibilité de créer de nouveaux souvenirs. »

De nouveaux critères

Enfin, la dernière phase du processus de mémorisation concerne la récupération de cette information stockée. Une phase qui peut être altérée lors de dysfonctions du lobe frontal (en particulier les démences fronto-temporales) mais aussi au cours du vieillissement normal. « Si on aide la personne en lui fournissant des indices, elle parvient à retrouver l’information, contrairement à un malade d’Alzheimer qui en sera incapable puisque cette information n’aura pas été gravée », poursuit le Pr Dubois. L’utilisation de tests spécifiques de détection des troubles de la mémoire épisodique, tels que le Test des 5 mots constitue l’outil principal des nouveaux critères diagnostiques proposés par le Pr Dubois et ses collaborateurs. Combiné à un critère mineur structural (atrophie du lobe temporal à l’IRM), biologique (modification des biomarqueurs du LCR) ou fonctionnel (neuro-imagerie sur le PET), ces nouveaux critères permettent de diagnostiquer une MA avec une grande spécificité dès l’apparition des premiers symptômes. « Aucun test de mémoire en dehors de ceux que nous recommandons ne vérifie que l’information a bien été enregistrée, regrette le Pr Dubois. C’est absurde, car il est alors impossible de faire la part des choses. » Les critères diagnostiques NINCDS-ADRDA et DSM-IV-TR actuellement en vigueur sont dépassés, et ont l’inconvénient d’être peu spécifiques et de poser le diagnostic de MA à un stade très avancé, lorsque le patient est déjà atteint de démence. « Les nouveaux critères prennent comme postulat que la MA est une maladie qui présente un syndrome amnésique hippocampique, avec une atrophie précoce de l’hippocampe et une diminution du peptide A-bêta4Z, poursuit le Pr Dubois. On n’a plus besoin d’attendre que les sujets aient une démence pour faire le diagnostic. « Cette démarche diagnostique est pour l’instant à réserver aux patients jeunes dans le cadre de protocoles de recherche thérapeutique. « Dans les années qui viennent, nous aurons certainement des médicaments qui ralentissent le processus de la maladie, conclut le Pr Dubois. Il y aura alors une forte mobilisation pour que les sujets malades puissent en bénéficier rapidement. L’utilisation de ces nouveaux critères sera alors pleinement justifiée. »

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