Revue de presse gérontologie

Le 16 avril 2007, par Louis LEVY,

Le tabac accélère vraiment le vieillissement cutané. La peau protège et isole l’organisme du monde extérieur. Elle est naturellement exposée àde nombreuses agressions qui altèrent sa structure et majorent l’effet inéluctable du vieillissement. Comme les autres organes du corps, elle subit l’effet de l’âge et est le reflet visible de la sénescence. Classiquement, on distingue deux types de vieillissement cutané : le premier, dit intrinsèque, génétiquement programmé, qui touche toutes les zones du corps et le second, dit extrinsèque, lié aux facteurs environnementaux au premier plan desquels figure le soleil. Des chercheurs de la clinique universitaire de dermatologie du Michigan ont voulu mettre au point un outil permettant d’évaluer de façon plus précise la détérioration cutanée intrinsèque au vieillissement. Quatre vingt deux hommes et femmes âgés de 22 à91 ans en bonne santé ont accepté de participer àce projet. Ils ont répondu àdifférentes questions concernant leur état de santé et leur mode de vie : âge, ethnicité, consommation de tabac, traitement par anti-inflammatoires, exposition aux ultra violets (soleil ou cabine de bronzage), utilisation de crème solaire, et pour les femmes, traitement hormonal de substitution, contraception orale et nombre de grossesses. Un photographe professionnel spécialisé dans le domaine médical a pris des clichés de l’intérieur des bras, une zone non exposée àla lumière, afin de créer une échelle d’évolution de l’aspect de la peau sur 9 points. Les photographies numériques de tous les sujets ont été évaluées en aveugle par 3 experts. Les facteurs les plus en relation avec le vieillissement de la peau étaient l’âge en lui-même et le nombre de cigarettes fumées quotidiennement. Les sujets fumeurs présentaient effectivement davantage de ridules au niveau des bras que les non fumeurs. Le tabac, comme le soleil sont donc bien des facteurs de risque indépendant de vieillissement cutané précoce.

(Helfrich YR et al. Arch Dermatol. 2007 ;143:397-402) - Bf 1010-2007


La télévision est un facteur de risque àpart entière du syndrome métabolique. Le syndrome métabolique est associé àune augmentation du risque de diabète de type II et de maladies cardiovasculaires. La surcharge pondérale et la sédentarité sont fortement liées àcette affection. Une équipe de chercheurs américains s’est interrogée sur la relation éventuelle entre le temps passé devant la télévision et la prévalence du syndrome métabolique. Une enquête transversale a été réalisée auprès de 350 sujets d’origine portoricaine et 105 originaires de République Dominicaine, âgés de plus de 60 ans et vivant àBoston. Un questionnaire a permis de préciser le nombre d’heures consacrées àcette activité de détente. Le syndrome métabolique a été défini selon les critères du National Cholesterol Education Program. La prévalence de cette pathologie était de 50,1 % chez les sujets d’origine portoricaine et de 56,9% chez ceux originaires de République Dominicaine. Parmi tous les participants, 82,6% présentaient une hypertension artérielle et 61,4% une hyperglycémie àjeun. Après ajustement sur l’âge, le sexe, l’index de masse corporelle, le niveau d’éducation, la consommation d’alcool, le tabagisme, l’activité physique, l’autonomie et les apports alimentaires, il est apparu que chaque heure supplémentaire passée devant la télévision augmentait de 19% le risque d’avoir un syndrome métabolique. Regarder la télévision serait un facteur de risque de syndrome métabolique àpart entière, indépendant de l’activité physique ou des apports énergétiques. Des études complémentaires seront nécessaires pour comprendre l’origine de cette relation et définir s’il s’agit d’une cause ou d’une conséquence.

(Gao X et al. Diabetes Care. 2007 ;30:694-700) - Bf 1011-2007


La supplémentation en calcium et vitamine D est sans incidence sur le risque de maladies cardiovasculaires. La calcification des vaisseaux ou des valves cardiaques est un facteur de risque de complications cardiovasculaires. Les patients présentant ce type d’affection se demandent généralement s’ils doivent réduire leur consommation de calcium. La littérature sur ce sujet est limitée et controversée. De même, les relations entre la vitamine D et le risque coronarien ne sont pas clairement établies. Pour les étudier, une équipe de chercheurs de Washington DC a travaillé sur les données d’une cohorte de 36 282 femmes ménopausées : la Women’s Health Initiative. Les femmes participant àcet essai randomisé et multicentrique, avaient entre 50 et 79 ans et recevaient soit 500 mg de calcium associé à200 UI de vitamine D deux fois par jour, soit un placebo pendant 7 ans. Au cours du suivi, 499 femmes qui avaient bénéficié de la supplémentation calcium/vitamine D et 475 femmes du groupe témoin sont décédées suite àun infarctus du myocarde ou une maladie cardiovasculaire. D’autre part, 362 femmes supplémentées et 377 qui prenaient un placebo ont eu un accident vasculaire cérébral. Les analyses ont montré que les femmes du groupe supplémenté qui avaient àl’inclusion des apports élevés en calcium de part leur alimentation et d’éventuels suppléments, n’avaient pas davantage de risque de présenter des événements coronariens ou des accidents vasculaires cérébraux pendant l’étude. Chez les femmes ménopausées en bon état de santé, une supplémentation en calcium et vitamine D au long cours est sans danger vis-à-vis du risque de maladie cardiovasculaire ou d’accidents vasculaires cérébraux.

(Hsia J et al. Circulation. 2007 ;115:846-54) - Bf 1008-2007


En institution, une consommation modérée d’alcool, quel que soit le type de boisson, diminue la mortalité toutes causes confondues. L’alcool occupe une place particulière en France par sa connotation conviviale mais aussi son importance économique et culturelle. Sa consommation immodérée est associée àune augmentation de mortalité, alors qu’une consommation modérée se traduit par des effets bénéfiques, en particulier au niveau du système cardiovasculaire. Peu d’études ayant été consacrées aux effets de l’alcool sur l’espérance de vie des personnes âgées, des chercheurs américains ont voulu connaître les conséquences de sa consommation sur la mortalité de personnes vivant en institution. Pour cela, ils ont suivi pendant 23 ans 8877 femmes et 5101 hommes, d’âge médian 74 ans àl’inclusion, vivant dans des maisons de retraite californiennes. Leur consommation d’alcool a été mesurée àl’aide de questionnaires remplis au départ, puis 11 et 17 ans plus tard. En fin d’étude, 6930 femmes et 4456 hommes étaient décédés, àun âge médian de 87 ans (valeurs extrêmes 59-110 ans). Les consommateurs réguliers d’alcool avaient un risque de décès inférieur àcelui des sujets qui étaient restés sobres, quel que soit le type de boisson alcoolisée consommée. Ceux qui avaient l’habitude de prendre deux boissons alcoolisées ou plus par jour avaient un risque de mortalité diminué de 15% par rapport aux abstinents. La mortalité des sujets qui avaient commencé àboire de l’alcool en cours d’étude était également inférieure àcelle des sujets qui n’en avaient jamais pris pendant toute la durée de l’étude. La consommation régulière d’alcool en petite quantité semble être bénéfique et diminuer la mortalité des hommes et des femmes même après 70 ans.

(Paganini-Hill A et al. Age Ageing. 2007 ;36:203-209) - Bf 1009-2007


Dignité et fin de vie : le point de vue de résidents de maisons de retraite. La question de la dignité humaine en fin de vie est un thème fréquent dans les débats publics. Les institutions, dans lesquelles de plus en plus de personnes finissent leur vie, sont particulièrement concernées par ce sujet. Certains pensent qu’une amélioration de la qualité de la prise en charge des patients en fin de vie est nécessaire dans ces établissements. Une équipe autrichienne s’est penchée sur la signification de cette notion de dignité chez des pensionnaires de différents types d’institutions. Ce travail était basé sur des entretiens avec les résidents. Leur analyse a montré que pour ces sujets âgés en moyenne de 82 ans la dignité comportait àla fois une dimension personnelle et un aspect social. La dignité personnelle passe par l’apparence physique, c’est-à-dire par la représentation qu’ils se font d’eux mêmes. Pour que cette image ne soit pas altérée, ils souhaitent que l’institution leur prodigue les soins médicaux et paramédicaux appropriés et mette tout en œuvre pour que leurs besoins essentiels soient couverts. La dignité sociale est en relation avec l’image qu’ils donnent aux autres. Elle leur permet d’être reconnus en tant que personne, de se sentir aimés et respectés. Ils souhaitent faire le bilan de leur vie et pour cela ont besoin de se confier, d’être encouragés et valorisés par les autres. Malheureusement, ces relations sociales sont difficiles àdévelopper en institution. Les sujets interrogés n’envisagent pas d’établir des liens privilégiés avec les autres résidents qu’ils jugent trop "âgés". Le personnel de l’établissement souvent débordé ne peut assurer ce rôle alors que les relations familiales sont souvent inexistantes. D’après les interviews, la dignité sociale passe également par le désir de ne pas être un fardeau pour autrui. Finalement, ils ont expliqué que mourir dignement signifiait pour eux partir au bon moment, c’est-à-dire entourés de leurs proches et maîtres d’eux mêmes jusqu’au bout. Les données recueillies dans le cadre de cette enquête sont tout àfait en harmonie avec le libellé de l’article consacré àla fin de vie dans la charte établie par la commission "Droits et Libertés" de la Fondation Nationale de Gérontologie.

(Pleschberger S. Age Ageing. 2007 ;36:197-202) - Bf 1006-2007


Stimulation intracérébrale, quitte ou double

Chez le sujet parkinsonien, la stimulation du noyau sous-thalamique (NST) est particulièrement efficace sur les symptômes DOPA sensibles. Mais lorsque la maladie évolue, les patients présentent des troubles axiaux intéressant la posture et la parole peu sensibles aux médications ou àla stimulation intracérébrale chronique. De multiples structures cérébrales sont impliquées dans la régulation de la marche mais le noyau pédonculopontin (NPP) semble jouer un rôle important dans le maintien et l’initiation de la marche. Des travaux effectués chez le singe MPTP (modèle animal de la maladie de parkinson) ont en particulier montré que la lésion du NPP peut entraîner une akinésie alors que la stimulation de ce noyau améliorait l’activité motrice. En 2005, deux publications avaient rapporté les résultats préliminaires de la stimulation du NPP chez quelques patients.

Dans Brain vient d’être publié un article plus complet rapportant les résultats positifs de la double stimulation (NST et NPP) chez 6 patients parkinsoniens. Ces patients étaient DOPA sensibles, âgés de 60 à69 ans, avec une maladie évoluant depuis 8 à16 ans. Les troubles axiaux en OFF étaient sévères cotés de 2/4 à3/4 sur les différents items posturaux et de 3/4 à4/4 de l’échelle UPDRS. Les patients ont été évalués 2 à6 mois après la chirurgie. La stimulation du NST entraînait une diminution du score UPDRS de 54 % et celle du PPN de 32 %. Il existait une différence sur le plan qualitatif car la stimulation du PPN améliorait préférentiellement les items posturaux.

Les auteurs concluent donc àl’efficacité de la chirurgie et suggèrent d’essayer cette technique dans d’autres syndromes parkinsoniens. Toutefois, on peut regretter le peu de données sur les effets indésirables de la procédure et l’absence d’évaluation spécifique (posturographie) de la posture qui aurait permis de préciser le rôle du PPN dans la régulation de l’équilibre et de la marche.

Dr Christian Geny

Stefani A et coll. : “Bilateral deep brain stimulation of the pedunculopontine and subthalamic nuclei in severe Parkinson’s disease.” Brain January 24 2007, publication avancée en ligne.

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Dernière mise à jour le :
17 avril 2007
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