Le terme de handicap

Le 7 février 2005, par JP BRIAND,

Texte à rapprocher des définitions de la classification internationale des handicaps (voir glossaire)(CIDH)

Le terme handicap, créé en 1827, vient des Irlandais et prend son origine dans le domaine des courses de chevaux sur pelouse (turf). Décomposé, handicap signifie "hand in cap" (la main dans le chapeau) pour désigner une méthode alors destinée àchoisir les positions au départ des courses par tirage au sort.

Cette technique permettait l’attribution de la "pole position" la plus avantageuse puisque la distance àparcourir est moindre et permet, au départ du moins, de prendre la tête plus facilement. Pour annuler cet avantage et rendre les courses équitables en égalisant les chances entre concurrents, le commissaire « handicapeur  » ajoutait sous la selle, des plaques de fonte de 2.2 kilos (5 livres) suivant la position du cheval sur la ligne de départ.

De même, au golf, un handicap est attribué aux joueurs relativement moins expérimentés, ce qui permet de soustraire un certain nombre de coups de leur carte.

Initialement, un handicap c’est donc une surcharge ou un désavantage imposé àun concurrent mieux placé afin que les chances se retrouvent égales au départ de la compétition.

Vers 1950, un nouveau sens est attribué au terme handicap et qui évacue le désavantage imposé au concurrent supérieur ou naturellement avantagé. C’est donc une prodigieuse inversion du sens originel. Le mot handicap devient alors synonyme d’un "désavantage, d’une infériorité qu’on doit supporter". Au fil du temps le handicap est ainsi devenu une caractéristique individuelle dévalorisante découlant automatiquement d’une incapacité ou d’une déficience. Dans ce glissement de sens, la contribution de ceux ayant la chance de n’avoir ni déficience ni incapacité est complètement évacuée. Il ne leurs ait plus demandé d’accepter une surcharge pour équilibrer les chances de réussite de tous…

Si le mot handicap avait gardé son sens initial propre, nous nous trouverions devant la situation suivante : les personnes handicapées seraient non pas celles qui sont déficientes, mais celles qui ne le sont pas. Ce sont les personnes normales qui supporteraient alors le handicap du poids même de leur supériorité. Ce sont elles qui porteraient les incapacités ou les inaptitudes des autres !

Post-Scriptum :

Texte conçu d’après Jacques Côté et Alain Rey

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Dernière mise à jour le :
7 février 2005
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