Les Européens jugent leurs systèmes de santé Le Monde édition du 26 janvier 2007

Le 31 janvier 2007, par Louis LEVY,

Que deviendrons-nous quand nous serons vieux, s’inquiètent les Européens. Interrogés sur leur système de santé, ils sont 63 % à juger « moyenne » ou « mauvaise » la prise en charge des personnes âgées et dépendantes - un chiffre qui s’élève à 80 % en France. C’est l’un des enseignements du premier baromètre du cercle de réflexion Santé Société et du groupe Europ Assistance, rendu public jeudi 25 janvier.

Réalisée par l’institut CSA auprès d’un échantillon représentatif de 2 000 personnes réparties dans cinq pays (Allemagne, France, Grande-Bretagne, Italie, Suède), cette enquête montre « un sentiment général de défaillance des Etats dans la prise en charge du vieillissement  », estime le Cercle Santé société, qui regroupe des personnalités du monde médical, économique et politique - comme le professeur d’urologie Guy Vallancien, l’économiste Claude Le Pen, le responsable de la chaire santé àSciences Po Didier Tabuteau, l’ancien ministre de la santé Claude Evin… Les Français réclament majoritairement davantage d’aides pour le maintien àdomicile des personnes âgées.

PEUR DE LA PÉNURIE

Globalement, 52 % des Européens ont une opinion positive de l’organisation de leur système de santé, les plus critiques étant les Italiens et les Allemands. Les Français, quant àeux, craignent surtout une pénurie de médecins, un sentiment renforcé par les disparités de densité médicale sur le territoire. Pour se faire soigner, 45 % des Français se disent prêts àaller dans un autre pays pour bénéficier de soins spécialisés ou de techniques médicales innovantes. Et ils sont 70 % àpenser que, pour l’heure, ceux qui choisissent d’être opérés àl’étranger le font pour des actes de chirurgie esthétique.

En outre, 73 % des Européens considèrent que les soins prodigués par des médecins ayant obtenu leur diplôme en dehors de l’Union européenne sont « identiques  » àceux d’un praticien diplômé en Europe.

Si les sites Internet relatifs àla santé se multiplient, c’est en France (31 %) et en Italie (36 %) qu’ils sont le moins souvent utilisés, alors que 47 % des Allemands les consultent régulièrement. Des chiffres àmettre en relation avec le recours àl’automédication, une pratique beaucoup plus répandue outre-Rhin qu’en France. Quant àl’idée de consultations médicales par Internet, elle séduit 59 % des Suédois et seulement 17 % des Français.

L’enquête fait apparaître des différences importantes sur la question du mode de financement des soins. Si la Grande-Bretagne et la Suède penchent en faveur d’une augmentation des cotisations sociales obligatoires, les Allemands, les Français et les Italiens préfèreraient nettement le paiement d’un supplément au cas par cas.

Enfin, 80 % des Français (contre 58 % des Européens) jugent que la place accordée àla santé dans les débats électoraux est très insuffisante.

Sandrine Blanchard

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31 janvier 2007
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