L’Alzheimer sans démence

Le 28 juin 2006, par Marc NICOLINI,

Depuis plusieurs années de nombreux auteurs ont défendu l’idée que la maladie d’Alzheimer (MA) est une authentique maladie et non pas une des conséquences inéluctables du vieillissement.

L’existence de formes juvéniles et l’identification de lésions spécifiques ont permis de faire disparaître des textbooks le terme de démence sénile.

La mise au point d’outils diagnostiques cliniques a entraîné une réévaluation àla hausse de la prévalence de la maladie mais a fait naître aussi le concept de déclin cognitif léger (MCI). Cette notion de trouble mnésique sans démence a été àl’origine de débats et a suscité de nombreuses études tendant àpréciser les caractéristiques de la population concernée.

Il semble bien que cette dernière est hétérogène et inclut d’authentiques MA àun stade prédementiel, des sujets àun stade précoce d’une autre démence ou des sujets sains susceptibles de connaître une évolution favorable. Des études neuropathologiques récentes ont ainsi démontré que les patients MCI qui présentaient un trouble de mémoire épisodique prédominant avaient en fait des lésions de type Alzheimer dans les régions hippocampiques.

Mais ces anomalies (substance amyloïde, dégénérescence neurofibrillaire) sont elles synonymes de maladie ? La question se complique encore plus si l’on prend en compte d’autres anomalies neuropathologiques, les lésions ischémiques et les corps de Lewy témoignant respectivement de processus vasculaires et parkinsoniens.

La coexistence de ces anomalies, les difficultés de quantification peuvent ainsi expliquer les différences de résultats des études épidémiologiques mais aussi certains échecs thérapeutiques.

L’étude neuropathologique publiée dans Neurology apporte des informations intéressantes qui vont permettre de mieux préciser l’histoire naturelle neuropathologique et clinique de ces processus dégénératifs.

Elle fait la synthèse des premiers résultats de deux études de suivi de cohortes incluant plus de 2000 sujets « sains  » (Religious Orders Study et Rush Memory and Aging Project). Ceux-ci ont eu un suivi neuropsychologique complet (19 tests) jusqu’au décès. 134 cerveaux ont été analysés et les lésions ont été classées selon 3 séries de critères (CERAD, Braak, NIA-reagan) ; dans 35,8 % des cas, ces sujets sans troubles de mémoire avaient des lésions remplissant les critères intermédiaires du NIA-reagan, 21 % avaient des lésions vasculaires et 13,4 % des corps de Lewy.

Il n’existait pas de différence de MMS entre les différentes populations (MMS supérieur à28). En cas de lésions répondant aux critères neuropathologiques intermédiaires les performances étaient moindres dans les tests évaluant la mémoire épisodique. Cette étude permet donc de corréler des anomalies subtiles de la mémoire épisodique àdes lésions type Alzheimer avant même le stade MCI.

28/06/06, (JIM), Dr Christian Geny

Post-Scriptum :

Bennet DA et coll. : “Neuropathology of older persons without cognitive impairment from two community based studies.” Neurology 2006 ; 66 : 1837-44

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Dernière mise à jour le :
28 juin 2006
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