Faut-il des suppléments protéiques chez le sujet âgé ?

Le 4 juin 2006, par Marc NICOLINI,

La malnutrition est fréquente chez le sujet âgé, notamment en milieu hospitalier où elle concernerait 55 % des malades âgés hospitalisés, ce qui donne une juste idée de l’ampleur du phénomène.

Celui-ci peut d’ailleurs exister dès l’admission, de sorte que l’hospitalisation n’est pas nécessairement en cause. De plus, la dénutrition du sujet âgé peut n’être qu’un marqueur clinique d’un état général catastrophique, au point que la supplémentation en protéines risque fort d’être un échec du fait de la gravité de la maladie sous-jacente.

Faut-il des suppléments protéiques chez le sujet âgé ? La question mérite donc d’être posée et c’est une méta-analyse qui apporte une réponse nuancée. Elle a porté sur les essais randomisés ou quasiment randomisés publiés jusqu’en 2005, comparant les apports de protéines ou les suppléments énergétiques amenés par voie orale àun placebo ou une prise en charge nutritionnelle standard.

Au total, 55 essais ont été inclus, auxquels 9187 sujets ont participé. Les résultats diffèrent selon les conditions de vie et l’environnement des sujets.

Ainsi, dans le cas d’une hospitalisation de courte durée, la supplémentation protéique orale permettrait non seulement de diminuer la fréquence des complications, l’odds ratio (OR) correspondant étant de 0,72, mais aussi celle de la mortalité (OR, 0,66).

En revanche, chez les sujets qui vivent àleur domicile, aucun bénéfice tangible ne ressort de la supplémentation protéique, que ce soit en termes de mortalité, de morbidité ou tout simplement d’état fonctionnel. Dix études ont fait état d’évènements indésirables, àtype de nausées, de vomissements et de diarrhées sous l’effet des suppléments protéiques administrés par voie orale.

Les limites de cette méta-analyse doivent être cependant soulignées, car au sein des études, l’une domine nettement, qui a été réalisée dans les suites de l’accident vasculaire cérébral. Les autres essais sont souvent de petite taille et leur puissance statistique est faible.

De fait, le sujet est imparfaitement exploré. A la lueur des connaissances actuelles, le bénéfice de la supplémentation protéique orale chez le sujet âgé semble surtout tangible en cas d’hospitalisation de courte durée. Un sujet vivant àson domicile n’est pas a priori bénéficiaire de cette démarche nutritionnelle, jusqu’àpreuve du contraire.

Post-Scriptum :

Milne AC et coll. : “Meta-analysis : protein and energy supplementation in older people.” Ann Int Med 2006 ; 144 : 37-48.

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Dernière mise à jour le :
4 juin 2006
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