Dysthyroïdies du sujet âgé : quels risques pour le cœur ?

Le 17 mai 2006, par Louis LEVY,

Certaines études épidémiologiques ont pu suggérer l’existence d’une association entre les anomalies infracliniques de la fonction thyroïdienne et le risque cardiovasculaire.

Cependant, les résultats ne sont pas des plus convaincants en raison de quelques divergences liées à des défaillances méthodologiques, telles la méconnaissance des nombreux biais et facteurs de confusion qui viennent compliquer l’analyse de la situation.

Une étude de cohorte prospective a inclus 3 233 sujets âgés d’au moins 65 ans, vivant tous hors institution. Tous participaient àla Cardiovascular Health Study débutée en 1989-1990. Dans tous les cas, la TSH plasmatique a été dosée àl’état basal.

L’hyperthyroïdie patente (n=4) a été un facteur d’exclusion, compte tenu de la faiblesse de l’effectif. Chez 82 % des participants (n=2 639), la fonction thyroïdienne s’est avérée normale. Une hypothyroïdie fruste a été détectée dans 15 % des cas (n=496) versus 1,6 % pour l’hypothyroïdie patente (n=51) et 1,5 % pour l’hyperthyroïdie fruste (n=47).

Après exclusion des cas de fibrillation auriculaire connue, il s’est avéré que ce trouble du rythme était plus fréquemment rencontré en cas d’hyperthyroïdie fruste, en l’occurrence 67 événements versus 31 pour 1000 sujets-années en cas de fonction thyroïdienne normal, soit un odd ratio ajusté de 1,98.

En revanche, aucune association n’a été mise en évidence entre cette dysthyroïdie et d’autres complications ou évènements significatifs : maladie coronaire ou cérébrovasculaire, décès cardiovasculaire ou encore mortalité globale. Il en a été de même d’ailleurs pour l’hypothyroïdie, qu’elle soit fruste ou patente, dans la mesure où celle-ci ne semble pas influer sur le pronostic ou la mortalité cardiovasculaire (odd ratio de 1,07 pour le risque de maladie coronaire, par exemple).

Les dysthyroïdies infracliniques sont fréquentes chez le sujet âgé. Seule l’hyperthyroïdie (fruste dans cette étude) semble menaçante, dans la mesure où elle augmente le risque de fibrillation auriculaire sans toutefois majorer la mortalité et la morbidité cardiovasculaires. L’hypothyroïdie fruste semble n’avoir aucune conséquence majeure sur le plan cardiovasculaire.

Dr Peter Stratford

Post-Scriptum :

Cappola AR et coll. : “Thyroid status, cardiovascular risk, and mortality in older adults.” JAMA 2006 ; 295 : 1033-1041. © Copyright 2005 http://www.jim.fr

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Dernière mise à jour le :
17 mai 2006
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